États-Unis : un marché du travail tendu mais qui ne fait pas remonter le taux de participation

GRAPHIQUE DE LA SEMAINE | États-Unis : un marché du travail tendu mais qui ne fait pas remonter le taux de participation

Le dernier rapport sur l’emploi a été accueilli de manière mitigée par les marchés. Si le taux de chômage est passé en dessous du point bas du cycle précédent (4,3%), la relative déception au niveau des créations d’emplois (138 000 contre 182 000 attendus) a dominé dans les commentaires. Cette baisse du taux de chômage s’accompagne d’une baisse du taux de sous-emploi, qui compte également les travailleurs à temps partiel non choisi.

La Réserve Fédérale estime qu’il faut un peu plus de 70 000 créations d’emplois pour faire baisser le taux de chômage. Quand le marché du travail est tendu et que l’économie est quasiment au plein emploi, il devient un peu plus difficile de recruter. En effet, si l’on se réfère à l’enquête NFIB auprès des petites entreprises, les entreprises n’ont jamais eu autant de mal à recruter depuis 2000. Mais à l’inverse de pays comme l’Allemagne ou le Japon, cette tension du marché du travail n’a pas entrainé de remontée du taux de participation.

NOTRE ANALYSE

Le taux de participation mesure le pourcentage de la population en âge de travailler qui est effectivement en poste ou à la recherche d’un emploi. Comme le montre ce graphique ci-dessus, il a fortement baissé entre 2008 et 2013 et est à peu-près stable depuis entre 62,5% et 63%. Toute la question est de savoir dans quelle mesure cette baisse était conjoncturelle, liée aux conséquences de la crise de 2008-2009, ou structurelle, du fait notamment du vieillissement de la population.

Dans le premier cas, la remontée du taux de participation aurait dû limiter l’impact des créations d’emplois sur le taux de chômage, permettant à la Fed de maintenir une politique accommodante pendant plus longtemps. L’absence de rebond du taux de participation alors que le taux de chômage atteint de nouveaux points bas nous semble plaider pour les raisons structurelles (voir graphique ci-dessus) à cette baisse. Dans ce contexte, de probables nouvelles baisses du taux de chômage pourraient amener la Fed à durcir davantage sa politique monétaire.

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 6 juin 2017 et est susceptible de changer.

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Julien-Pierre Nouen

Directeur des études économiques et de la gestion diversifiée