Retrouvez Régis Bégué sur BFM Business | 18 septembre 2019

Débrief de la séance du mercredi 18 septembre 2019 avec Régis Bégué, Directeur de la gestion actions chez Lazard Frères Gestion, dans l’émission « Intégrale Bourse », présentée par Grégoire Favet, sur BFM Business.

Cette vidéo n’a pas de valeur pré-contractuelle ou contractuelle. Elle est remise à son destinataire à titre d’information. Les analyses et/ou descriptions contenues dans cette vidéo ne sauraient être interprétées comme des conseils ou recommandations de la part de Lazard Frères Gestion SAS. Cette vidéo ne constitue ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à l’investissement.

États-Unis : marché de l’emploi toujours solide malgré le ralentissement des créations d’emplois

GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Le dernier rapport sur l’emploi confirme le mouvement récent de ralentissement des créations d’emplois. 467 000 emplois ont été créés sur les trois derniers mois contre plus de 700 000 sur la même période de l’année précédente. Pour autant le reste du rapport sur l’emploi était solide, avec une progression du nombre moyen d’heures travaillées, un taux de chômage stable sur son niveau historiquement bas de 3,7%. Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage se maintiennent sur les dernières semaines à un niveau également très bas.

La publication de l’enquête JOLTS1 permet de mieux comprendre la dynamique du marché du travail. Les derniers chiffres de juillet confirment qu’il n’y a pas d’inflexion visible dans le marché du travail à fin juillet dernier.

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NOTRE ANALYSE

Cette enquête, publiée un mois après le rapport sur l’emploi, mesure le nombre d’offres d’emploi publiées, ainsi que les nombres d’embauches, de démissions et de licenciements. Comme le montre le graphique ci-dessus, les entrées dans l’emploi n’ont pas ralenti. Du côté des sorties, le nombre de licenciements reste bas mais on observe une poursuite de la hausse du nombre de démissions, signe d’une relative confiance des agents économiques.

L’enquête JOLTS n’envoie pas un signal de retournement du cycle économique aussi rapide que d’autres indicateurs comme les inscriptions hebdomadaires au chômage mais elle confirme la dynamique favorable du marché du travail. Quant à la question de savoir si une récession est proche aux Etats-Unis, le nouveau point bas des inscriptions au chômage depuis avril est très rassurant.

1 Enquête JOLTS : La Jobs Openings and Labor Turnover Survey permet d’interpréter l’état du marché du travail américain en interrogeant les entreprises quantitativement et qualitativement sur les offres d’emplois ainsi que les perspectives d’embauches ou licenciements.
L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 12 septembre 2019 et est susceptible de changer.

Ce document n’a pas de valeur pré-contractuelle ou contractuelle. Il est remis à son destinataire à titre d’information. Les analyses et/ou descriptions contenues dans ce document ne sauraient être interprétées comme des conseils ou recommandations de la part de Lazard Frères Gestion SAS. Ce document ne constitue ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à l’investissement. Ce document est la propriété intellectuelle de Lazard Frères Gestion SAS.

Guerre commerciale : songe agité d’une nuit d’été

Une négociation implique toujours un jeu de rôle et, derrière les postures, il faut revenir aux objectifs fondamentaux de chaque acteur. Donald Trump veut être réélu en 2020. Pour cela, il veut pouvoir s’appuyer sur une économie solide et sur son image de « dealmaker » en remportant un accord commercial avec la Chine présenté comme plus favorable. Mais son art du deal semble se résumer à l’exercice d’une pression croissante sur ceux dont il veut obtenir quelque chose. Dans le cas actuel, il tente d’obtenir les deux choses par le même moyen.

Il n’est pas anodin que l’annonce d’une augmentation effective le 1er septembre des droits de douane à 10% sur les 300 Mds de produits chinois pas encore visés, alors que les États-Unis et la Chine avaient négocié une trêve au sommet du G20 de fin juin, intervienne le lendemain de la réunion de la Fed1. Si Jay Powell a baissé les taux de 25 points de base comme attendu, son discours a clairement laissé entendre qu’il ne fallait pas en attendre beaucoup plus, car il ne s’agit dans l’esprit de la Fed que d’un ajustement de milieu de cycle. Très insuffisant aux yeux de Donald Trump, qui a donc choisi d’attiser le principal risque aux yeux de la Fed (les développements globaux) pour la pousser à baisser davantage ses taux. Le fait que Peter Navarro, le directeur du conseil national du commerce, sorte de ses attributions pour réclamer une baisse de 75 ou 100 points de base d’ici la fin de l’année est éloquent.

La Chine a réagi à cette annonce durant le week-end en suspendant ses achats de soja américain et en laissant le yuan passer en dessous de 7 pour 1 dollar, un niveau considéré comme symbolique. Ceci a causé une nouvelle séance de brutale hausse de l’aversion au risque sur les marchés financiers lundi. Les États-Unis ont alors déclaré officiellement que la Chine manipulait sa devise, donnant l’impression d’une nouvelle escalade. La réalité est en fait plus mesurée. L’attribution du statut de manipulateur de devise à la Chine n’a pas d’autres conséquences que d’amener les États-Unis à des négociations bilatérales et à une consultation avec le FMI2, qui considère qu’aujourd’hui la devise chinoise est globalement en ligne avec ses fondamentaux. Par ailleurs, la banque centrale chinoise a établi un fixing plus fort qu’attendu le 6 août. Il s’agissait donc davantage d’une opération d’intimidation. La Chine n’a en effet aucune envie de voir sa devise baisser fortement, ce qui pourrait à nouveau générer une forte pression à la sortie des capitaux, ce que les autorités ne souhaitent pas.

Pour l’instant, les négociations ne sont pas suspendues. Les délégués chinois sont toujours attendus à Washington en septembre, mais il est certain que l’action de Donald Trump, qui ne semble pas s’être concerté avec ses conseillers, a pris les Chinois à rebrousse-poil. Il n’est pas question pour eux de donner l’impression de négocier en position de faiblesse. Les Chinois semblent donc se préparer à un conflit prolongé, et sont prêts à endurer une longue opposition. Néanmoins, les politiques de soutien de la demande, notamment via l’investissement en infrastructures, risquent de renforcer les déséquilibres macro-financiers de la Chine. Un accord reste une issue préférable pour l’économie chinoise. Côté américain, la hausse de l’incertitude n’a pour l’instant pas eu un impact trop fort sur l’économie, et cela entretient la confiance de Donald Trump dans sa stratégie. Si l’incertitude est visible dans les enquêtes ISM3 et PMI4, elle ne semble pas encore l’être dans les commandes de biens d’investissement par exemple. De même, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont au plus bas. Mais les 300 Mds de produits touchés par cette nouvelle salve sont davantage des biens de consommation, ce qui signifie un impact plus direct sur les consommateurs. Par ailleurs, la dégradation des conditions financières, suite à cette annonce, rendra le lien entre la guerre commerciale et une éventuelle faiblesse économique beaucoup plus évident, rendant plus difficile pour Donald Trump de trouver un bouc-émissaire, surtout si celui qui était tout désigné a commencé à baisser ses taux. Poursuivre l’escalade risque donc d’obérer ses chances de réélection.

Reste donc à trouver une voie de désescalade. Cela passera sans doute par une nouvelle rencontre Xi-Trump, qui pour ces deux amateurs de la politique des grands hommes sera sans doute la meilleure manière de sortir par le haut, ceux-ci pouvant s’attribuer pleinement la réussite d’un accord éventuel.

Pour ce qui est de la réaction des marchés, il faut remonter à la dégradation de la note des États-Unis par S&P5 dans un contexte de crise de la zone euro en 2011, ou à la crise de 2008-2009, pour observer une baisse des taux longs américains de plus de 30 points de base en trois jours. Les anticipations de baisse des taux courts ont évolué de la même ampleur, ce qui montre bien que la lecture que les marchés ont fait de ce tweet est essentiellement sous l’angle de la politique monétaire. Ces attentes nous semblent encore plus excessives qu’elles ne l’étaient. En l’absence de signes tangibles d’une entrée en récession, il est peu probable que la Fed aille au-delà d’une ou deux baisses de taux supplémentaires et encore, cela dépendra clairement de l’évolution des données économiques et financières. James Bullard, le patron de la Fed de Saint-Louis, au positionnement pourtant très colombe, n’a pas dit autre chose dans une interview datée du 6 août.

Si l’on ne peut exclure une poursuite de la volatilité à court terme, il nous semble sans doute excessif de voir dans l’épisode récent un retournement durable des actifs risqués.

 

 

Glossaire :

1 Fed : banque centrale américaine.

2 FMI : Fonds monétaire international. Institution chargée de promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté.

3 ISM : publié chaque mois par l’Institute for Supply Management, cet indice est séparé en deux grandes familles : l’ISM manufacturier, reflétant la santé du secteur aux USA et l’ISM services, plus spécifique aux activités tertiaires.

4 PMI : Purchasing Managers Index. Les indices PMI sont des indicateurs de confiance qui synthétisent les résultats des enquêtes menées auprès des directeurs d’achats des entreprises. Une valeur supérieure à 50 indique un sentiment positif dans le secteur concerné (manufacturier ou service).
5 S&P : Standard & Poor’s est une agence de notation américaine, classant les entreprises selon leur risque de défaut sur une échelle allant de AAA pour les moins risquées à D pour les plus spéculatives.

 

Information

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 6 août 2019 et est susceptible de changer. Données les plus récentes à la date de publication.

Ce document n’a pas de valeur pré-contractuelle ou contractuelle. Il est remis à son destinataire à titre d’information. Les analyses et/ou descriptions contenues dans ce document ne sauraient être interprétées comme des conseils ou recommandations de la part de Lazard Frères Gestion SAS. Ce document ne constitue ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à l’investissement. Ce document est la propriété intellectuelle de Lazard Frères Gestion SAS.

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25, RUE DE COURCELLES – 75008 PARIS

Point de vue conjoncturel – Juillet 2019

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Une nouvelle présidente pour la BCE

Suite aux élections européennes, les dirigeants de l’UE se sont mis d’accord sur la sélection des prochains dirigeants des différentes institutions de l’union. L’Allemande Ursula von der Leyen va prendre la présidence de la Commission Européenne, la Française Christine Lagarde prendra celle de la BCE en novembre. Cette dernière nomination devrait amener une certaine continuité dans la menée de la politique monétaire. Comme Jerome Powell à la Réserve Fédérale, Christine Lagarde n’est pas économiste de formation et on connait mal ses positions personnelles sur les questions de politique monétaire. Elle va donc probablement s’appuyer grandement sur les équipes de la BCE, et notamment sur Philip Lane, le chef économiste en charge de préparer les décisions de politique monétaire. Ceci devrait assurer une certaine continuité avec Mario Draghi, dont elle a plusieurs fois salué les décisions au nom du FMI. Par ailleurs, il faudra sans doute s’attendre à une direction plus collégiale que celle de Mario Draghi. A plus court terme, les différents discours des membres de la BCE ont confirmé les propos de Mario Draghi à Sintra sur un assouplissement à venir de la politique monétaire.

Malgré le ralentissement de la croissance, le taux de chômage a poursuivi sa baisse sur les derniers mois. En mai, il était de 7,5%, 0,2 point au-dessus du point bas de fin 2007, début 2008. Les données d’Eurostat ne remontent pas aussi loin mais la comparaison avec les données de l’OCDE, plus anciennes, montre qu’il faut sans doute remonter à la fin des années 80 pour retrouver des niveaux aussi bas.

Dans ce contexte, la demande domestique reste relativement bien orientée, avec des chiffres de ventes au détail et de construction toujours sur une bonne tendance, la faiblesse restant concentrée dans le secteur manufacturier, notamment dans le secteur automobile.

Après avoir retrouvé le niveau qui prévalait au premier semestre 2018, avant les perturbations liées au passage à la norme WLTP, les immatriculations ont baissé de 6% en juin. Après plusieurs mois de volatilité liée à des effets calendaires, l’inflation sous-jacente s’est stabilisée à +1,1%. La croissance de M3 (1) poursuit sa réaccélération à +4,8%.

Boris Johnson a été désigné premier ministre par les membres du parti conservateur. S’il insiste sur la possibilité d’une sortie sans accord, les membres du parlement s’activent pour éviter cette issue.

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(1) Ensemble des moyens de paiement dans une nation. On distingue plusieurs agrégats en fonction du degré de liquidité de leurs composants.

M1 = Billets et monnaie divisonnaire (pièces) + dépôts à vue.

M2 = M1 + placements à vue (comptes sur livret + comptes d’épargne logement, CODEVI).

M3 = M2 + placements à forte liquidité (comptes à terme, certificats de dépôts, bons des institutions financières, titre d’OPCVM court terme) et dépôts et titres de créances en devises.

M4 = M3 + billets de trésorerie et bons du Trésor.

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Un rapport sur l’emploi rassurant, mais pas assez pour la Fed

Le rapport sur l’emploi du mois de juin a levé les inquiétudes apparues avec celui de mai. Après avoir ralenti à 72 000, les créations d’emplois ont rebondi à 224 000. Le taux de chômage est quasiment stable et les inscriptions hebdomadaires au chômage restent proches de leurs points bas. Plusieurs membres du comité de politique monétaire avaient mentionné un net ralentissement des créations d’emplois comme un signal pouvant justifier un assouplissement de la politique monétaire. Néanmoins, ce bon chiffre n’a pas suffi à changer la vision d’un certain nombre de membres du FOMC (1) qui ont exprimé récemment leur volonté de baisser le taux directeur de la Fed. Jerome Powell, Président de la Fed, n’a pas utilisé son audition semestrielle au congrès pour ajuster les anticipations de marché qui tablent sur une baisse en juillet et plus d’ici la fin de l’année.

Les chiffres liés à la consommation ne montrent aucun signe de ralentissement sur les derniers mois : la croissance annuelle de la consommation s’établissait à +2,7% en mai et les ventes au détail hors éléments volatils ont progressé de 0,7% sur le mois de juin. Les immatriculations étaient stables. Les derniers chiffres d’inflation confirment que la faiblesse n’a été que passagère : le déflateur (2) de la consommation hors alimentation et énergie a progressé de 0,2% en moyenne sur avril et mai, et les données de l’indice des prix à la consommation de juin laissent anticiper un nouveau mois relativement fort. Le glissement annuel reste pour l’instant à +1,6%.

Donald Trump et Xi Jinping ont négocié une trêve commerciale dans le cadre du G20 d’Osaka qui s’est tenu fin juin. Ceci a permis aux deux pays de reprendre leurs négociations.

Il faudra voir si cet accord permet une résorption de l’incertitude au niveau des enquêtes de confiance.

Les indices ISM (3) se sont repliés en juin mais les premiers indicateurs de juillet, les indices des Fed de New York et de Philadelphie montrent un rebond plus ou moins important. Plus concrètement, les commandes de biens d’investissement hors défense et aviation se maintiennent à un bon niveau.

Les indicateurs du secteur résidentiel sont mitigés : les ventes dans l’ancien continuent de se redresser mais l’activité dans le neuf est plus partagée. L’habitat collectif est à la peine mais l’indice NAHB (4) de confiance des constructeurs de maisons s’est redressé en juillet.

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(1) Le Federal Open Market Committee est un organe de la Fed chargé du contrôle de toutes les opérations d’open market (achat et vente de titres d’État notamment) aux États-Unis.

(2) Instrument permettant de corriger une grandeur économique des effets de l’inflation pour pouvoir comparer des prix correspondant à des années différentes.

(3) Cet indice est séparé en deux grandes familles : L’ISM manufacturier, reflétant la santé du secteur aux USA et l’ISM services, plus spécifique aux activités tertiaires.

(4) Indicateur du marché du logement, portant sur le niveau des ventes de logements neufs actuel et future ainsi que sur le nombre d’acheteurs potentiels.

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Premiers signes de rebond ?

La croissance chinoise poursuit son ralentissement régulier. Cet atterrissage en douceur a fait passer la croissance de 7,5% au deuxième trimestre 2014 à +6,2% au T2 2019, soit le niveau le plus bas depuis que la Chine publie des données mensuelles, c’est-à-dire 1992. Le secteur tertiaire, davantage lié à la consommation, continue de tirer l’activité avec une progression annuelle de 7,0%.

Les données d’activité du mois de juin envoient un signal plus favorable. Le rebond des ventes au détail initié en mai se poursuit. Le glissement annuel atteint +9,8%, le niveau le plus élevé depuis début 2018. Ce sont notamment les ventes de voitures qui contribuent à cette accélération, mais les immatriculations, qui incluent aussi les ventes de flottes, ne sont pas aussi bien orientées. La croissance de la production industrielle a rebondi à +6,3%, après plusieurs mois très faibles. Elle continue donc d’osciller autour de 6,0%, comme elle le fait depuis près de cinq ans. Les données d’investissement montrent également une amélioration.

Cette amélioration s’explique notamment par les mesures prises par le gouvernement pour soutenir l’activité, tant au niveau budgétaire qu’au niveau monétaire. La mesure du financement global de l’économie continue d’être supérieure aux attentes, avec 2,26 trillions de yuan attribués en juin contre 1,9 attendu.

Le commerce extérieur continue en revanche d’être à la peine. L’amélioration de l’excédent commercial s’explique essentiellement par le fait que les importations ont davantage baissé que les exportations sur les douze derniers mois. Si l’accord du G20 évite une dégradation supplémentaire de la situation, il ne revient pas sur les augmentations de droits de douane passées.

Dans ce contexte, les enquêtes de confiance sont restées sous pression. Les PMI (1) composites poursuivent leur baisse, et ce aussi bien le chiffre officiel que le chiffre calculé par Caixin (2), davantage lié au secteur privé. De même, dans les deux enquêtes, manufacturier comme non-manufacturier sont orientés à la baisse.

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(1) Purchasing Managers Index. Les indices PMI sont des indicateurs de confiance qui synthétisent les résultats des enquêtes menées auprès des directeurs d’achats des entreprises.

Une valeur supérieure à 50 indique un sentiment positif dans le secteur concerné (manufacturier ou service).

(2) Indicateur PMI de la vigueur de l’économie chinoise.

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L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 24 juillet 2019 et est susceptible de changer.

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Allemagne : un écart historique entre le secteur manufacturier et le reste de l’économie

Graphique de la semaine

La publication de la première estimation des indices PMI(1) pour le mois de juillet a vu l’indice manufacturier baisser de 1,9 point à 43,1, seulement 0,1 point au-dessus du niveau atteint en juillet 2012, en pleine crise de la zone euro. En revanche, l’indice non-manufacturier se maintient au-dessus de 55. Il faut remonter à début 2009 pour observer un tel écart, sauf qu’à l’époque, le PMI services était à 45.

Cette faiblesse manufacturière se retrouve dans le reste de la zone euro et contribue à ramener le PMI composite de la zone euro de 52,2 à 51,5, un niveau toujours cohérent avec une croissance de l’ordre de 1,0%.

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NOTRE ANALYSE

Cette divergence est une spécificité allemande et se produit rarement. Elle s’explique sans doute par la plus grande cyclicité du secteur manufacturier allemand, elle-même découlant d’une plus grande exposition internationale. Les commentaires accompagnant cette publication insistent tout particulièrement sur le secteur automobile, pour lequel des questionnements plus structurels sur la voiture de demain s’ajoutent aux inquiétudes sur la demande internationale, notamment chinoise.

La résistance des enquêtes services est une bonne nouvelle. Si le poids du secteur manufacturier dans l’économie allemande (plus de 20% du PIB(2)) fait que ce secteur pourrait causer une contraction de l’activité, le reste de l’économie ne semble, pour l’instant, pas contaminé par cette faiblesse.

 

(1) PMI : Purchasing Managers Index, indicateur de l’activité manufacturière.
(2) PIB : Produit Intérieur Brut, indicateur des richesses produites par un pays.

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 24 juillet 2019 et est susceptible de changer.

 

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Retrouvez Julien-Pierre Nouen sur BFM Business | 24 juillet 2019

Débrief de la séance du mercredi 24 juillet 2019 avec Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques de Lazard Frères Gestion, dans l’émission Intégrale Bourse, présenté par Grégoire Favet, sur BFM Business.

 

➡️ https://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/le-club-de-la-bourse-valerie-gastaldy-christian-cambier-julien-pierre-nouen-et-reda-aboutika-2407-1177215.html

 

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Retrouvez Régis Bégué sur BFM Business | 19 juillet 2019

Débrief de la séance du vendredi 19 juillet 2019 avec Régis Bégué, Directeur de la gestion actions chez Lazard Frères Gestion, dans l’émission « Intégrale Placements » présenté par Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur, sur BFM Business.

 

Régis Bégué VS Christopher Dembik (1/2): Qu’attendre de la saison des résultats du 2ème semestre ? – 19/07

➡️ https://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/regis-begue-vs-christopher-dembik-12-qu-attendre-de-la-saison-des-resultats-du-2eme-semestre-1907-1176368.html#

 

Régis Bégué VS Christopher Dembik (2/2): Quelle stratégie d’allocation adopter dans le contexte macroéconomique actuel ? – 19/07

➡️ https://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/regis-begue-vs-christopher-dembik-22-quelle-strategie-d-allocation-adopter-dans-le-contexte-macroeconomique-actuel-1907-1176370.html

 

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Extension du domaine des taux négatifs

Graphique de la semaine

Au 28 juin, l’encours des obligations dont le rendement est négatif représentait près de 13 trillions de USD, contre environ 8 trillions au 31 décembre. Cela représente presqu’un quart du montant global des obligations de bonne qualité, quasiment le même niveau qu’en juin 2016.

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NOTRE ANALYSE

Le choix de la Fed (1) d’assouplir sa politique monétaire, les annonces de Mario Draghi à Sintra ouvrant la voie à de nouvelles mesures ont contribué à la baisse des rendements obligataires d’un nombre croissant d’émetteurs au point de pousser un nombre lui aussi croissant d’obligations en territoire de rendement négatif. Ça a été récemment le cas des obligations du Trésor Français à dix ans.

Qu’est-ce qui peut amener des investisseurs à acheter ces obligations ? Certains investisseurs sont obligés de détenir ces obligations pour des raisons réglementaires. D’autres peuvent espérer une poursuite de la baisse des rendements et donc une appréciation du prix des obligations. Enfin, d’autres investisseurs peuvent ne vouloir prendre aucun risque. Quoi qu’il en soit, les obligations à taux négatif constituent une réalité étonnante d’autant que l’inflation n’est négative nulle part. En conséquence, l’acheteur d’une obligation du trésor allemand à dix ans touche en fait un rendement réel de -1,4% !

 

(1) Fed : La réserve fédérale des Etats-Unis, soit la banque centrale des Etats-Unis

 

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États-Unis : une faiblesse de l’inflation sans doute passagère

Graphique de la semaine

La publication des chiffres d’inflation du mois de juin fait état de la deuxième plus forte progression mensuelle des prix, hors alimentation et énergie, depuis dix ans. Ceux-ci s’adjugent 0,29%, amenant le glissement annuel à passer d’un peu moins de 2,0% à un plus de 2,1%. Cette hausse survient après quatre mois de faiblesse. Des catégories de biens qui avaient pesé rebondissent désormais (voitures d’occasion, équipement du logement et habillement) ; les catégories du logement et de la santé sont également fermes sur le mois.

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NOTRE ANALYSE

Le déflateur* de la consommation, hors alimentation et énergie, mesure regardée par la Fed en priorité, avait déjà commencé à rebondir avec deux chiffres forts en avril et mai.

Le déflateur et l’indice des prix à la consommation peuvent parfois diverger, comme cela a été le cas récemment. Néanmoins, les catégories qui ont pesé sur les derniers mois sont assez bien corrélées entre les deux séries de données : leur bonne progression dans l’indice des prix de juin laisse penser que le chiffre du déflateur, publié en fin de mois, sera également assez fort.

Ce troisième mois autour de 0,2% confirmerait donc que le ralentissement de l’inflation, observé sur les derniers mois, n’est en fait que la conséquence d’une faiblesse passagère. L’inflation pourrait donc réaccélérer nettement au début 2020, compliquant la donne pour la Fed, pour qui la faiblesse de l’inflation est un des arguments en faveur de l’assouplissement monétaire, vers lequel elle s’achemine.

 

* Déflateur : indicateur économique permettant de mesurer l’inflation.

 

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 11 juillet 2019 et est susceptible de changer.

 

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Zone euro : le taux de chômage bientôt au plus bas

Graphique de la semaine | Zone euro : le taux de chômage bientôt au plus bas

Malgré le ralentissement de la croissance, le taux de chômage a poursuivi sa baisse sur les derniers mois. En mai, il était de 7,5%, 0,2 point au-dessus du point bas de fin 2007, début 2008. Les données d’Eurostat ne remontent pas aussi loin mais la comparaison avec les données de l’OCDE (1), plus anciennes, montre qu’il faut sans doute remonter à la fin des années 80 pour retrouver des niveaux aussi bas.

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NOTRE ANALYSE

Cette baisse est généralisée mais elle cache tout de même des différences. Un certain nombre de pays, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, ont un taux de chômage au plus bas historique. D’autres, comme la France ou l’Italie, voient leur taux de chômage baisser mais rester proche de leur moyenne historique. Enfin, parmi les pays les plus touchés par la crise de la zone euro, le taux de chômage a fortement baissé ; mais partant de niveaux élevés, il reste haut. Ainsi l’Espagne est passé de 20,1% en mai 2016 à 13,6% en mai 2019.

La légère amélioration des indices PMI (2) sur les derniers mois montre que la croissance devrait rester correcte et permettre une poursuite de la baisse du taux de chômage. Celle-ci semble commencer à avoir un impact sur le coût du travail. La mesure des salaires définis par conventions collectives, suivie par la BCE (3) est en hausse de 2,2% au premier trimestre 2019, le plus haut niveau depuis 2009.

 

(1) OCDE : L’Organisation de coopération et de développement économiques
(2) PMI : Purchasing Managers Index, indicateur de l’activité manufacturière
(3) BCE : Banque centrale européenne

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 4 juillet 2019 et est susceptible de changer.

 

Ce document n’a pas de valeur pré-contractuelle ou contractuelle. Il est remis à son destinataire à titre d’information. Les analyses et/ou descriptions contenues dans ce document ne sauraient être interprétées comme des conseils ou recommandations de la part de Lazard Frères Gestion SAS. Ce document ne constitue ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à l’investissement. Ce document est la propriété intellectuelle de Lazard Frères Gestion SAS.

Actualités économiques et financières de Juillet 2019 | L’analyse de Julien-Pierre Nouen

Débrief de la séance du mardi 2 juillet 2019 avec Julien-Pierre Nouen, Directeur des études économiques chez Lazard Frères Gestion, dans l’émission « Intégrale Bourse » présentée par Stéphane Pedrazzi, sur BFM Business.

 

Cette vidéo n’a pas de valeur pré-contractuelle ou contractuelle. Elle est remise à son destinataire à titre d’information. Les analyses et/ou descriptions contenues dans cette vidéo ne sauraient être interprétées comme des conseils ou recommandations de la part de Lazard Frères Gestion SAS. Cette vidéo ne constitue ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à l’investissement.

Les gilets jaunes mettent la confiance des affaires dans le rouge

GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Les premières indications montrent un impact notable des mouvements des gilets jaunes sur l’activité. En effet, l’estimation flash des indices PMI (1) montre une baisse marquée de ceux-ci, alors qu’ils sont en légère baisse seulement dans le reste de la zone euro.

Si la baisse du secteur manufacturier de 50,9 à 49,7 ne constitue pas un décrochage par rapport à la tendance baissière des mois précédents, il n’en va pas de même pour les services. En passant de 55,1 à 49,6, l’indice affiche sa plus forte baisse depuis l’automne 2011, en pleine crise de la zone euro.

gilets jaunes, Les gilets jaunes mettent la confiance des affaires dans le rougeNOTRE ANALYSE

Il s’agit pour l’instant de l’estimation avancée des indices PMI et on peut espérer qu’une accalmie sociale sur la deuxième partie du mois va permettre d’améliorer l’estimation finale. Qui plus est, alors que cette estimation avancée est habituellement publiée entre le 21 et le 23, elle l’a été le 14 ce mois-ci : on peut donc penser que moins d’entreprises avaient répondu que dans un mois normal, ce qui peut avoir faussé l’estimation.

Après les perturbations liées à une épidémie en Allemagne au premier trimestre, les grèves en France au deuxième et l’impact du changement de norme anti-pollution dans le secteur automobile au troisième, le mouvement des gilets jaunes a-t-il pénalisé la croissance de la France et donc de la zone euro au quatrième trimestre ? Ces différents chocs spécifiques auront rendu la conjoncture européenne peu lisible en 2018.

PMI (1) : indice d’opinion des directeurs d’achat reflétant la situation économique américaine dans tous les grands secteurs, de l’anglais « Purchasing Managers’ Index »

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 19 décembre 2018 et est susceptible de changer.

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