Le Royaume-Uni : en route vers une crise de la balance des paiements ?

GRAPHIQUE DE LA SEMAINE | Le Royaume-Uni : en route vers une crise de la balance des paiements ?

Avec 51,9% des votes et une participation relativement élevée, les britanniques ont fait le choix de sortir de l’Union Européenne. S’ouvre donc une période de négociation pour définir les nouvelles relations du Royaume-Uni avec son principal partenaire commercial. La réaction des marchés a été rapide et la devise britannique s’est fortement dépréciée. Contre toutes devises, la livre sterling est en baisse de 9,0% depuis jeudi soir. L’économie britannique affiche un déficit courant très important de l’ordre de 5,0% du PIB. Celui-ci pourra-t-il se résorber facilement grâce à la baisse de la devise? rien n’est moins sûr.

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Notre analyse

Le solde courant britannique se décompose en un très important déficit de la balance des biens, de l’ordre de 6,0%-7,0% depuis près de dix ans, un excédent croissant de la balance des services de l’ordre de 4,0% et une balance des revenus déficitaire d’environ 5% du PIB aujourd’hui.

  • La balance des revenus devrait être positivement impactée par la baisse de la devise, une grosse partie du passif britannique étant dans sa devise et l’actif étant dans des devises étrangères. En revanche il est probable qu’au-delà de la phase présente d’aversion au risque, les taux d’intérêts augmentent au Royaume-Uni, compte tenu d’un risque inflationniste plus élevé notamment. La dégradation du pays de deux crans par S&P à AA mentionne effectivement une dégradation des conditions de financement externe.
  • Concernant la balance des services, l’excédent réalisé sur les services financiers vendus dans l’UE représente près de 1,0% du PIB, or la sortie de l’union pourrait réduire fortement la capacité des britanniques à y vendre ceux-ci.
  • Quant à la balance des biens, le poids dans le PIB des exportations de biens (15%) et celui du secteur manufacturier (10%) font que l’impact positif sur les exportations sera de taille réduite par rapport à la taille du déficit global.

En conclusion, le déficit courant britannique, déjà l’un des plus importants des pays développés, pourrait rester très élevé, continuant ainsi à peser sur la devise et créant un risque pour l’économie britannique.

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 24 juin 2016 et est susceptible de changer.

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Julien-Pierre Nouen

Directeur des études économiques et de la gestion diversifiée