Point conjoncturel – Mai 2017

La croissance dans la zone euro est restée ferme au premier trimestre 2017. Selon la dernière estimation d’Eurostat, qui ne contient pas de détail, elle s’est établie à +2,0% en rythme annualisé, contre +1,8% lors de la précédente estimation.

Par pays, l’Allemagne continue de jouer le rôle de locomotive, avec une croissance de +2,7%. En France, la croissance a marqué le pas (+1,0%), après un bon chiffre au quatrième trimestre, tandis qu’elle est restée modeste en Italie (+1,0%). En revanche, elle est toujours dynamique en Espagne (+3,2%). La croissance accélère franchement au Portugal (+4,1%) mais la situation économique reste difficile en Grèce, le PIB se contractant pour le deuxième trimestre d’affilé   (-0,5%).

Les enquêtes de confiance suggèrent une accélération de la croissance dans la zone euro. En estimation flash pour le mois de mai, l’indice PMI composite pour l’ensemble de la zone euro est resté stable à 56,8, un niveau cohérent avec une croissance de l’ordre de 3% en rythme annualisé. Les enquêtes PMI continuent de s’améliorer en France (57,6 contre 56,6) et en Allemagne (57,3 contre 56,7), où elles sont au plus haut depuis six ans. La confiance des consommateurs dans la zone euro est aussi bien orientée, l’indice de la Commission Européenne se situant sur un plus haut depuis 10 ans.

Les données d’activité sont globalement favorables. La production industrielle dans la zone euro a reculé de 0,1% en mars, après une baisse similaire en février, mais elle a été pénalisée par l’énergie. La production manufacturière reste quant à elle sur une tendance haussière. Les ventes au détail sont aussi orientées à la hausse.

L’inflation a accéléré, passant de +1,5% sur un an au global à +1,9% et de +0,7% à +1,2% hors énergie et alimentation. Toutefois, cette accélération s’explique principalement par des distorsions liées au calendrier des fêtes de Pâques qui se sont traduites par une augmentation des prix de certains services, notamment des voyages organisés. Ces distorsions devraient s’atténuer en mai.

Dans le compte rendu de sa réunion du 27 avril, la BCE a ouvert la voie à une modification de sa communication lors de sa prochaine réunion du 8 juin, tout en soulignant qu’elle devrait faire preuve de prudence pour de ne pas provoquer une réaction trop brutale sur les marchés financiers.

 

 

 

 

 

 

 

La croissance américaine a été faible au premier trimestre 2017, ressortant à +1,2% en rythme annualisé selon la seconde estimation du BEA, contre +2,1% au quatrième trimestre 2016. La consommation des ménages et le stockage expliquent l’essentiel du ralentissement. Mais au vu des mauvais chiffres de la consommation en janvier et février, celui-ci n’est pas une surprise. Le point positif est la poursuite de l’accélération de l’investissement, aussi bien dans le secteur résidentiel que non résidentiel.

Les enquêtes ISM sont cohérentes avec un rebond de la croissance et les chiffres du mois de mars montrent une amélioration de la consommation privée. Dans un contexte où les revenus et la confiance des ménages sont bien orientés, celle-ci devrait se poursuivre dans les prochains mois. En outre, étant donné le rythme actuel de stockage, il est peu probable que la contribution de la variation des stocks soit aussi négative au prochain trimestre.

Le rapport sur l’emploi en avril confirme la bonne conjoncture aux États-Unis. Après une déception en mars, les créations d’emplois sont revenues sur un niveau proche de 200 000 et le taux de chômage a baissé de 4,5% à 4,4%, son plus bas niveau depuis le printemps 2007. La progression sur un an du salaire horaire a ralenti à +2,5%, contre +2,6% en mars, mais la mesure la plus complète de l’évolution du coût du travail progresse à son rythme le plus élevé depuis 2008 (+3,2% en rythme annualisé au T1 2017).

L’inflation est faible depuis deux mois. En mars, les prix hors alimentation et énergie ont baissé, ce qui n’arrive que très rarement, et le mois d’avril a vu une progression très faible (+0,1%), alors qu’on aurait pu espérer un rattrapage. Sur deux mois, il s’agit de la plus faible variation depuis début 2010. En conséquence, l’inflation sous-jacente sur douze mois a ralenti à +1,9%, son plus bas niveau depuis fin 2015.

Cette faiblesse est surprenante, d’autant qu’elle ne peut pas être attribuée à une partie spécifique du panier des biens et services. Les prochains mois en diront plus mais il est peu probable qu’il s’agisse d’une nouvelle tendance. Comme le marché de l’emploi n’envoie aucun signal négatif, ces mauvais chiffres d’inflation ne devraient pas dissuader la Fed de remonter ses taux lors de sa prochaine réunion les 13 et 14 juin. Par contre, ils pourraient avoir un impact sur la communication qui entourera sa décision.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un chiffre de croissance meilleur qu’attendu au premier trimestre, les dernières statistiques économiques décrivent un léger ralentissement de l’activité au début du deuxième trimestre.

Les ventes au détail ont ralenti à +10,7% en avril, contre +10,9% en mars, en dépit d’effets de base favorables et d’une inflation plus élevée. Le ralentissement des ventes de voitures (+6,8% contre +8,6%), pour le deuxième mois consécutif, a été un frein important. Hors automobiles, les ventes au détail sont restées stables.

L’investissement a également ralenti, passant de +9,4% sur un an à +8,2%, principalement du fait du secteur manufacturier, reflétant en partie les efforts de réduction des surcapacités. Le ralentissement a été amorti par une accélération des investissements en infrastructures et dans l’immobilier.

La production industrielle s’est modérée à +6,5% sur un an en avril, contre +7,6% en mars, en partie pénalisée par les secteurs de l’automobile et des matières premières, dans un contexte de ralentissement des ventes de voitures et de baisse des cours des métaux.

Dans le secteur de l’immobilier, les ventes de logements et les prix de l’immobilier faiblissent, après une année 2016 très dynamique. Cela ne se répercute pas encore sur les mises en chantier qui sont en hausse de +17,5% sur un an.

Les enquêtes PMI décrivent également un ralentissement de l’activité, aussi bien dans le secteur manufacturier, où l’indice officiel a reculé à 51,2 en avril, contre 51,8 en mars, que dans les services, où il est passé de 55,1 à 54,0.

Les statistiques de commerce extérieur ont déçu en avril. Mais au-delà des fluctuations mensuelles la tendance reste favorable, dans un contexte d’amélioration du commerce international. Depuis le début de l’année, les exportations et les importations sont en hausse de respectivement +8,1% sur un an et +20,8% sur un an, alors qu’elles ont baissé en 2016.

La croissance du crédit est restée globalement stable en avril alors que le durcissement de la règlementation financière et des conditions de liquidité sur le marché monétaire faisait craindre un ralentissement. Ceci montre que les autorités ont conscience de la trop grande dépendance de la croissance au crédit.

 

 

 

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du mois de mai 2017 et est susceptible de changer

 

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