Inde : démonétisation des grosses coupures, un mal pour un bien ?

GRAPHIQUE DE LA SEMAINE | Inde : démonétisation des grosses coupures, un mal pour un bien ?

Le 8 novembre 2016, le gouvernement de Narendra Modi a annoncé du jour au lendemain que les billets de 500 et de 1 000 roupies, les deux plus grosses coupures, ne pourraient plus être utilisés comme moyen de paiement, démonétisant brutalement 86% de la valeur totale de la monnaie en circulation.

Les Indiens ont jusqu’au 30 décembre pour se rendre à la banque et échanger leurs billets contre de l’argent liquide dans la limite de 2 000 roupies par personne (30 USD). Le reste est crédité sur un compte bancaire et les dépôts supérieurs à 250 000 roupies (3 700 USD) pourront faire l’objet d’un contrôle de l’administration fiscale. Les retraits aux distributeurs, qui ne sont pas encore tous adaptés aux nouveaux billets de 500 et de 2 000 roupies, sont limités. Plusieurs sont à sec. Cette mesure choc, visant à lutter contre la corruption, l’évasion fiscale et les faux billets, a entraîné une forte contraction de la monnaie en circulation comme le montre le graphique ci-dessous.

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Notre analyse

Dans un pays où 98% du volume des transactions se fait en espèce (estimation PwC) et où l’économie informelle représente environ 25% du PIB (estimation Banque mondiale), l’équivalent du PIB de la Belgique, les pénuries d’argent liquide engendrées par la démonétisation ne seront pas sans conséquence pour l’activité à court terme.

L’impact est encore difficile à chiffrer étant donné l’absence de statistiques économiques récentes. Mais ce choc ne devrait être que temporaire, le temps que l’économie se « remonétise ». En outre, cette décision du gouvernement pourrait avoir des conséquences positives à moyen terme pour les finances publiques si une partie de l’économie sort de l’ombre.

Elle pourrait également favoriser la bancarisation de la population et l’épargne financière au détriment de l’utilisation coûteuse de l’argent liquide (stockage, transport, temps, …) et des placements en actifs physiques (immobilier, or), ce qui aurait des retombées positives sur la croissance.

 

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 29 novembre 2016 et est susceptible de changer.

 

 

 

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Julien-Pierre Nouen

Directeur des études économiques et de la gestion diversifiée