Espagne : une revalorisation modérée du risque souverain

Graphique de la semaine

Appelés aux urnes pour la deuxième fois en 2019, les électeurs espagnols n’ont pas délivré de majorité claire (plus de 176 sièges) le 10 novembre. Le parti socialiste arrive toujours en tête (120 sièges) mais perd des sièges par rapport au scrutin du 28 avril. Les centristes de Ciudadanos s’effondrent (-47 sièges à 10), alors que la droite se renforce. Le parti populaire gagne 23 sièges à 89. Vox, nouveau venu au positionnement très conservateur et nationaliste, devient le troisième parti en s’adjugeant 52 sièges. Les évènements de Catalogne ont sans doute poussé beaucoup d’électeurs vers ce parti très intransigeant sur l’intégrité nationale de l’Espagne.

Le PSOE et Podemos se sont entendus pour tenter de constituer un gouvernement, mais celui-ci devra remporter une majorité simple lors d’un vote de confiance. Il leur faudra donc s’appuyer sur certains partis régionalistes et probablement sur l’abstention des indépendantistes catalans. L’incertitude demeure donc importante, mais la réaction des marchés reste modérée, le spread espagnol à dix ans ayant augmenté d’une quinzaine de points de base depuis les élections.

Notre analyse

Après les élections italiennes en 2018, le spread italien n’avait fortement augmenté qu’à partir du moment où la constitution d’un gouvernement populiste et relativement anti-européen était devenue très probable. Dans le cas présent, l’incertitude reste forte.

Avec l’aide des partis régionalistes non indépendantistes, la coalition pourrait atteindre 169 sièges. Tout reposera donc sur l’attitude des indépendantistes catalans de gauche de l’ERC. La question catalane va donc rester la clé de la situation politique espagnole.

Si cette alliance échoue à constituer un gouvernement pérenne, de nouvelles élections sont probables, une grande coalition semblant difficilement réalisable en Espagne. Si ce gouvernement est en revanche confirmé, il faudra sans doute attendre une remise en cause des réformes faites par le passé et une augmentation de la dépense publique, certainement accompagnée d’une hausse des impôts. Mais dominé par le PSOE, le gouvernement devrait maintenir une bonne relation avec la Commission Européenne.

 

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 14 novembre 2019 et est susceptible de changer.

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Julien-Pierre Nouen

Directeur des études économiques et de la gestion diversifiée