Economie : que s’est-il passé au 3ème trimestre 2018 ?

La croissance mondiale résiste aux incertitudes

Malgré les incertitudes internationales, les indices PMI* globaux se maintiennent sur des niveaux cohérents avec une croissance mondiale solide, de l’ordre de 3,5%. La croissance américaine a atteint son rythme le plus élevé depuis 2013 au T2 2018 (+4,2% en rythme annualisé) et les enquêtes ISM* laissent espérer un nouveau bon chiffre au T3 2018. A 3,7% en août, le taux de chômage est désormais au plus bas depuis 1969 (cf. graphique). Dans la zone euro, les indices PMI se stabilisent sur des niveaux cohérents avec une croissance d’environ 2% (+1,5% en rythme annualisé au T2 2018) mais les données d’activité sont plus prudentes. Les enquêtes de confiance se dégradent en Italie. Elles évoluent sur un rythme consistant avec une croissance proche de 1%, laissant craindre que les prévisions utilisées par le gouvernement pour définir ses objectifs budgétaires ne s’avèrent trop optimistes. Dans les pays émergents, la Chine montre des signes de ralentissement et les enquêtes de confiance ont chuté en Turquie.

*Indicateurs composites d’activité

 

Sous-performance des actions européennes et émergentes

L’Eurostoxx a progressé de 0,6% au T3 2018 quand le S&P 500 et le Topix ont respectivement augmenté de 7,8% et 5,9%, le tout en devises locales et dividendes réinvestis. Cette sous-performance des actions de la zone euro tient en partie aux incertitudes autour de l’Italie et aux craintes d’une contagion de la crise monétaire turque au système bancaire européen. L’indice MSCI des actions émergentes a reculé de 1,1% au T3 2018, sur fonds de résurgence des inquiétudes autour de la croissance chinoise et de tensions sur les devises émergentes.

Poursuite de la normalisation de la politique monétaire américaine

Le taux à 10 ans du trésor américain a augmenté de 20 points de base au T3 2018 pour atteindre 3,06% fin septembre, le dynamisme de l’économie américaine amenant les investisseurs à réviser en hausse leurs anticipations de relèvement monétaire par la Fed. La hausse des taux de 25 points de base en septembre, à 2,00%-2,25%, n’était donc pas une surprise. Dans le sillage des taux américains, le taux à 10 ans de l’Etat allemand a progressé de 17 points de base au T3 2018, pour s’établir à 0,47% fin septembre. L’écart de taux avec l’Italie a augmenté de 30 points de base pour atteindre 268 points de base, reflétant en partie la publication par le gouvernement italien d’un objectif de déficit budgétaire au-delà des attentes à 2,4% en 2019. Pour l’instant, on n’observe pas de contagion de l’Italie aux autres pays périphériques.

Tensions sur les devises émergentes

L’indice de JP Morgan mesurant l’évolution moyenne des devises émergentes face au dollar a reculé de 3,7% au T3 2018, après une baisse de 9,0% au T2 2018. La livre turque a baissé de 24,2% et le peso argentin de 30,1%. L’euro s’est déprécié de 0,7% contre le dollar et apprécié de 2,0% contre le yen.

Un environnement moins porteur pour les pays émergents

Le sentiment des investisseurs à l’égard des pays émergents s’est nettement dégradé au cours des derniers mois, donnant lieu à une diminution des flux de capitaux vers ces pays et à des tensions sur leurs marchés financiers. Comment expliquer ce changement de perception ? D’abord par une modification de l’environnement extérieur. En 2017, les conditions financières accommodantes aux Etats-Unis et la vigueur de la croissance chinoise ont été deux facteurs de soutien importants aux marchés émergents. Ces facteurs se sont inversés cette année. Les taux d’intérêt américains se sont tendus, le dollar s’est apprécié et les craintes autour de la croissance chinoise ont augmenté, en raison notamment des tensions commerciales avec les Etats-Unis. Cet environnement extérieur moins favorable a ensuite amplifié les fragilités spécifiques de certains pays comme la Turquie et l’Argentine. Les crises monétaires dans ces deux pays ont fait craindre des difficultés dans d’autres économies émergentes, entraînant à la baisse les monnaies des pays présentant des déséquilibres macroéconomiques et/ou des risques politiques. La contagion aux autres pays est restée limitée. La remontée des taux d’intérêt par les banques centrales et les niveaux de valorisation plus attractifs ont permis une légère amélioration du sentiment à l’égard des marchés émergents. Toutefois, un rebond durable passera sans doute par une amélioration des perspectives de croissance dans ces économies, notamment en Chine.

 

Extrait de la lettre de la gestion privée, 4ème trimestre 2018 – Rédigée en date du 25/10/2018

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