ÉCONOMIE | Lettre de la Gestion Privée Q4 2020

Le rebond de l’activité post-confinement est plus vigoureux qu’attendu mais la phase de reprise rapide semble progressivement laisser place à une reprise plus modérée. Les performances des actions ont été contrastées au troisième trimestre et les taux d’intérêts ont évolué sans grande tendance, contrairement à l’euro qui s’est nettement apprécié vis-à-vis du dollar. Le soutien des banques centrales va rester un élément déterminant pour les marchés.

Rebond vigoureux de l’activité mais des signes d’essoufflement

La fin des confinements généralisés a permis à l’activité de se redresser partout dans le monde. Le PMI mondial, un indicateur synthétique de la situation des entreprises, affiche un fort rebond et se situe désormais sur son niveau pré-COVID. Il est cependant difficile d’en déduire un niveau de croissance et le rebond a marqué une pause en septembre. Aux Etats-Unis, les créations d’emplois sont fortes mais ralentissent. La consommation est aussi moins dynamique mais elle a plutôt bien résisté à l’issue de certains dispositifs d’aides, en juillet, comme la bonification de l’indemnisation chômage de 600 USD par semaine. Si la consommation de biens a rebondi, elle demeure en dessous des points hauts dans les services. Le secteur de l’immobilier est très bien orienté. Dans la zone euro, la consommation a dépassé les niveaux qui prévalaient avant le confinement. En revanche, l’activité dans les services a marqué le pas en septembre et le taux de chômage poursuit sa hausse. La reprise de l’épidémie en Europe amène de nouvelles mesures de restriction toutefois ciblées et/ou localisées. En Chine, les statistiques économiques décrivent une poursuite de la reprise.

Performances contrastées sur les marchés d’actions

Les marchés d’actions ont d’abord été soutenus par la publication de statistiques économiques meilleures qu’attendues, les espoirs de nouvelles mesures de soutien à l’activité et les avancées dans la recherche d’un vaccin contre la COVID-19. Ils ont chuté à partir de début septembre, sous l’effet de la baisse des valeurs technologiques américaines et des craintes d’un nouveau confinement en Europe, dans un contexte d’incertitudes politiques aux Etats-Unis. Finalement, les performances des principaux indices au troisième trimestre sont contrastées, les actions européennes sous-performant nettement. Dividendes réinvestis, l’EuroStoxx en euros progresse de +0,7%, le S&P 500 en dollars de +8,9%, le Topix en yen de +5,2% et l’indice MSCI en dollars des actions émergentes de +9,6%.

Une Fed durablement accommodante

Les taux d’intérêt de référence ont évolué sans grande tendance au troisième trimestre. Le taux à 10 ans de l’Etat américain est passé de 0,65% à 0,68% et son homologue allemand de -0,45% à -0,52%. Lors de son discours à Jackson Hole, fin août, Jérôme Powell a indiqué que la Fed ciblerait une inflation moyenne de 2% à long terme et qu’elle évaluera la situation sur le marché du travail en terme de déficit par rapport au plein emploi et non plus en écart positif ou négatif. Concrètement, cela signifie que si l’inflation venait à dépasser 2,0% et que le taux de chômage atteignait un niveau très bas, la Fed ne serait pas contrainte de réagir en durcissant sa politique monétaire, laissant anticiper un soutien monétaire durable. Les membres du Comité de politique monétaire n’anticipent pas de hausse des taux avant 2023.

Appréciation de l’euro

L’euro s’est rapidement apprécié vis-à-vis du dollar en juillet, porté par le plan de relance européen, les bonnes surprises économiques et les pressions baissières sur le dollar. Il est passé de 1,12 à 1,18 sur le mois avant de toucher un point haut à 1,19 en août. Les craintes d’un nouveau confinement l’ont fait baisser à 1,16 en septembre.

Perspectives économiques : poursuite de la reprise grâce aux mesures de soutien

Nous évoquions au printemps un profil en racine carrée pour l’activité économique, avec une première phase de reprise rapide suivie d’une seconde phase de reprise plus modérée. La première phase semble maintenant terminée et nous entrons dans la seconde. La reprise de l’épidémie dans la zone euro et la mise en place de mesures restrictives créent une nouvelle inquiétude mais le plus probable reste la mise en place de mesures ciblées et ne perturbant pas trop l’activité économique. Néanmoins, il faudra continuer de surveiller ces développements qui, s’ils ne semblent pas de nature à refaire chuter l’activité, pourraient ralentir la reprise. Même si l’activité sera en fin d’année beaucoup plus proche de la normale que des niveaux exceptionnellement bas du printemps, la baisse d’activité sur un an restera l’équivalent d’une grosse récession. Les impacts de cette crise n’ont pas fini de se manifester, mais la réponse des politiques monétaires et budgétaires est d’une ampleur exceptionnelle et devrait se poursuivre sur 2021. Un retour vers un niveau d’activité proche de celui de décembre 2019 devrait être atteint vers la fin de 2021.

 

 

 

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 21 octobre 2020 et est susceptible de changer.

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