Des statistiques sur l’emploi qui compliquent la donne pour la Fed

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

 

Le rapport sur l’emploi américain est une des publications de statistiques les plus importantes pour les marchés et les chiffres du mois de mai publiés le vendredi 3 juin n’ont pas laissé les marchés indifférents. L’affichage pour le même mois du plus mauvais chiffre de créations d’emplois depuis fin 2010 (seulement 25 000 emplois créés dans le secteur privé) et d’une des plus fortes baisses du taux de chômage sur un mois (-0,3 point à 4,7%) a de quoi opacifier la lecture de l’économie américaine. Des grèves chez Verizon ont lourdement pesé sur le chiffre de créations d’emplois qui aurait été proche de 60 000 sans cet événement. Mais même à ce niveau-là le nombre de créations d’emplois n’est pas fameux, d’autant que les chiffres des mois précédents ont été fortement révisés à la baisse.

Concernant le taux de chômage, rappelons tout d’abord qu’il n’est pas construit sur les mêmes bases que l’enquête statistique sur les créations d’emplois, ce qui peut être un facteur explicatif de ces écarts. Au-delà, nous constatons que le taux de participation, c’est-à-dire le pourcentage de personnes en âge de travailler effectivement en poste ou à la recherche d’un emploi, continue d’effacer un rebond qui était pour le moins surprenant. Mécaniquement, cette baisse du taux de participation se faisant par une réduction du nombre de demandeurs d’emplois contribue à la baisse du taux de chômage.

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Notre analyse

Si une baisse des créations d’emplois est toujours un signal à prendre avec sérieux, il faut également avoir à l’esprit la forte volatilité de cette série. L’amélioration des inscriptions hebdomadaires au chômage sur les deux dernières semaines est rassurante, tout comme la bonne tenue des chiffres de l’immobilier. Nous continuerons néanmoins de surveiller attentivement les données américaines.

Cette publication a réduit à presque néant la probabilité d’une hausse des taux par la Fed lors de sa prochaine réunion mi-juin. La proximité du référendum britannique rendait de toute façon cet exercice périlleux. En revanche, une hausse reste envisageable au mois de juillet si les données macroéconomiques rassurent d’ici là.

 

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 3 juin 2016 et est susceptible de changer.

 

 

 

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Julien-Pierre Nouen

Directeur des études économiques et de la gestion diversifiée